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Le trait d'union : les cas où il est obligatoire

Un petit signe qui relie, et qu'on oublie ou qu'on ajoute à tort.

Le trait d'union relie des mots qui forment un tout : grand-mère, dis-moi, a-t-il. On l'oublie souvent, et on le remplace parfois par une apostrophe ou un tiret.

Voici les cas où il est obligatoire, ceux où il ne faut pas le mettre, et la différence avec le tiret, qui n'a pas du tout le même rôle.

1. Le trait d'union : à quoi il sert

Le trait d'union est un petit trait sans espace, placé entre deux mots pour montrer qu'ils vont ensemble. Il apparaît dans six grandes familles de cas : les noms composés, les nombres, l'impératif suivi d'un pronom, l'inversion du sujet, les petits mots comme -ci, -là et -même, et certains préfixes.

Il ne sert jamais à séparer une idée du reste de la phrase : ce rôle revient au tiret.

2. Quand mettre un trait d'union dans les noms composés

Les noms composés n'ont pas de règle unique : certains prennent un trait d'union, d'autres non, et seul le dictionnaire tranche.

Avec trait d'unionSans trait d'union
grand-mèrepomme de terre
arc-en-cielchemin de fer
après-midisalle de bains
porte-monnaiemise en scène
rendez-vousfin de semaine

La réforme de 1990 soude certains de ces mots : portemonnaie s'écrit aussi en un seul mot. Les prénoms composés prennent toujours le trait d'union : Jean-Pierre, Marie-Claire. Pour saint, tout dépend du sens : la rue Saint-Jacques, mais saint Jacques quand on parle de la personne.

3. Trait d'union et nombres : deux usages admis

L'usage traditionnel ne met le trait d'union qu'entre les dizaines et les unités, sauf quand et les relie : trente-deux, quatre-vingt-dix, vingt et un, deux cent trois.

Depuis les rectifications de 1990, on peut relier tous les éléments d'un nombre par des traits d'union : vingt-et-un, deux-cent-trois, trois-mille-quatre-cents. Les deux usages sont admis ; garde le même dans tout le texte. La page sur le trait d'union dans les nombres détaille les cas avec cent et mille.

4. Trait d'union à l'impératif : dis-moi, prends-le

À l'impératif, le pronom placé après le verbe s'y accroche par un trait d'union : dis-moi, prends-le, allez-y. Avec deux pronoms, il en faut deux : donne-le-moi, rends-les-nous.

Deux pièges reviennent souvent. Devant y et en, les verbes en -er reprennent un s : vas-y, manges-en. Et devant en, moi et toi deviennent m' et t' : va-t'en, donne-m'en, avec une apostrophe et non un trait d'union.

Enfin, le trait d'union ne se met que si le pronom dépend du verbe à l'impératif. Dans laisse-moi faire, moi complète laisse ; dans va le chercher, le complète chercher, donc pas de trait d'union. La page sur l'impératif revient sur les terminaisons.

5. Le -t- de a-t-il et l'inversion du sujet

Quand le sujet passe après le verbe, un trait d'union les relie : viens-tu ?, que dit-il ?, pouvons-nous ?

Si le verbe se termine par une voyelle et que le pronom commence par une voyelle, on ajoute un t entre deux traits d'union, pour la prononciation : a-t-il fini ?, y a-t-il quelqu'un ?, que pense-t-elle ? Les graphies a t'il et a-t'il sont fautives : ce t n'est pas le pronom te élidé, donc il ne prend pas d'apostrophe.

6. -ci, -là, -même et les préfixes

Les petits mots qui s'accrochent à un autre prennent un trait d'union : ce livre-ci, ce jour-là, celui-ci, là-bas, là-haut, ci-dessous, moi-même, eux-mêmes.

Certains préfixes aussi : ex-mari, sous-sol, demi-heure, mi-temps. Avec non, le trait d'union se met devant un nom (un non-fumeur, un non-lieu) mais pas devant un adjectif (un détail non négligeable). Et demi ne prend le trait d'union qu'avant le nom : une demi-heure, mais une heure et demie.

7. Tiret ou trait d'union : ne pas les confondre

Le trait d'union relie des mots ; le tiret sépare une partie de la phrase, ou marque un changement d'interlocuteur dans un dialogue.

Trait d'unionTiret
Longueurcourtplus long
Espacesaucuneune de chaque côté
Rôlerelier des motsisoler une incise, ouvrir une réplique

La page sur le tiret cadratin et le trait d'union montre comment taper l'un et l'autre.

Le réflexe à garder

Mets un trait d'union quand des mots forment un tout : un nom composé que le dictionnaire écrit ainsi, un nombre, un pronom après l'impératif, un sujet inversé avec son -t-. Pour séparer une idée du reste de la phrase, c'est un tiret, avec des espaces.

Questions fréquentes

Quand mettre un trait d'union ?

Dans les noms composés que le dictionnaire écrit ainsi, entre les éléments des nombres, entre l'impératif et son pronom, entre le verbe et le sujet inversé, et avec -ci, -là et -même. Dans le doute pour un nom composé, vérifie dans le dictionnaire.

Faut-il un trait d'union dans vingt et un ?

Les deux sont admis. L'usage traditionnel écrit vingt et un sans trait d'union ; depuis 1990, on peut écrire vingt-et-un. Garde le même choix dans tout le texte.

Faut-il écrire a-t-il ou a t'il ?

On écrit a-t-il, avec deux traits d'union. Le t est ajouté pour la prononciation, ce n'est pas le pronom te élidé, donc il ne prend pas d'apostrophe.

Faut-il un trait d'union après un impératif ?

Oui, quand le pronom dépend du verbe à l'impératif : dis-moi, prends-le, donne-le-moi. Dans va le chercher, le dépend de chercher, donc pas de trait d'union.

Quelle est la différence entre un tiret et un trait d'union ?

Le trait d'union est court, sans espace, et relie des mots. Le tiret est plus long, entouré d'espaces, et sert à isoler une partie de la phrase ou à ouvrir une réplique.

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