Le conditionnel va dans l'autre moitié de la phrase, jamais juste après le si.
« Si j'aurais su, je serais venu » : la phrase sonne naturelle à l'oral, mais elle est fausse à l'écrit. Après un si qui pose une condition, on n'emploie jamais le conditionnel. On écrit si j'avais, si j'avais su, et le conditionnel va dans l'autre partie de la phrase : si j'avais su, je serais venu.
Voici la règle, les trois combinaisons de temps à connaître, et les cas où le si accepte malgré tout le conditionnel, parce qu'il ne pose plus de condition.
Quand si introduit une condition, le verbe qui le suit est à l'indicatif : présent, imparfait ou plus-que-parfait. Le conditionnel, avec ses terminaisons en -rais et -rait, se place dans la proposition principale, celle qui dit ce qui se passerait.
La règle complète, avec ses exercices, est sur la page « si » + indicatif.
C'est la combinaison qui piège le plus, parce que les deux verbes parlent d'une situation imaginaire et qu'on a envie de les mettre tous les deux au conditionnel. Seul le second y va.
L'ordre des deux parties peut s'inverser sans rien changer : j'achèterais une maison si j'étais riche.
Le temps qui suit le si dépend de ce que tu veux dire : une condition possible, une situation imaginaire au présent, ou un regret sur le passé.
| Ce que tu exprimes | Après si | Dans l'autre partie | Exemple |
|---|---|---|---|
| une condition réalisable | présent | futur, présent ou impératif | Si tu viens, je serai content. |
| une situation imaginaire | imparfait | conditionnel présent | Si tu venais, je serais content. |
| un regret sur le passé | plus-que-parfait | conditionnel passé | Si tu étais venu, j'aurais été content. |
| un passé qui pèse sur le présent | plus-que-parfait | conditionnel présent | Si j'avais révisé, je serais plus serein aujourd'hui. |
La page concordance des temps avec si reprend chaque combinaison avec des exercices.
À l'oral, « si j'aurais su » s'entend partout, au point d'être devenu une réplique culte, celle du Petit Gibus dans La Guerre des boutons d'Yves Robert. À l'écrit, elle passe pour une faute nette, dans un mail comme dans une copie.
Elle vient d'un réflexe logique : la phrase entière parle d'une hypothèse, alors on met le conditionnel partout. Elle se mêle souvent à une autre confusion, entre le futur et le conditionnel (je serai, je serais), que la page futur ou conditionnel démêle.
La règle ne vaut que pour le si de condition. Quand si veut dire « est-ce que », dans une question indirecte, tous les temps sont possibles, conditionnel et futur compris.
| Phrase | Le si pose une condition ? | Temps permis |
|---|---|---|
| Si j'avais su, je serais venu. | oui | indicatif seulement |
| Je me demandais s'il viendrait. | non, question indirecte | conditionnel possible |
| Je ne sais pas si j'aurai fini demain. | non, question indirecte | futur possible |
| Il est si gentil. | non, si veut dire « tellement » | la règle ne s'applique pas |
Le test : remplace si par « est-ce que ». Si la phrase garde son sens, c'est une question indirecte, et le conditionnel est permis.
Les locutions construites avec si suivent la règle du si de condition : jamais de conditionnel juste après.
« Comme si » se construit avec l'imparfait ou le plus-que-parfait, jamais avec le conditionnel : comme s'il avait vu un fantôme.
La formule tient en une ligne : les « si » n'aiment pas les « rais ». Les terminaisons en -rais, -rait et -raient sont celles du conditionnel, et elles ne viennent jamais juste après un si de condition.
Elle a une limite : elle ne marche que pour le si de condition. Devant une question indirecte (je me demande si…), elle ne s'applique pas.
Quand tu écris si, regarde le verbe qui suit. S'il se termine en -rais ou -rait et que ton si pose une condition, remplace-le par l'imparfait : si j'avais, si je pouvais, si nous étions. Apostrophe· te fait écrire ce genre de phrases en dictée et t'explique la règle à chaque faute.
Faut-il dire si j'aurais su ou si j'avais su ?
Si j'avais su. Après un si de condition, on emploie le plus-que-parfait, et le conditionnel passé vient dans l'autre partie : si j'avais su, je serais venu.
Peut-on mettre le conditionnel après si ?
Pas quand si pose une condition. On le peut quand si introduit une question indirecte, au sens de « est-ce que » : je me demandais s'il viendrait.
Quel temps après si + imparfait ?
Le conditionnel présent dans l'autre partie de la phrase : si j'avais le temps, je lirais davantage.
Que veut dire « les si n'aiment pas les rais » ?
C'est un moyen de retenir qu'on ne met pas de conditionnel, aux terminaisons en -rais et -rait, juste après un si de condition.
Apostrophe· dicte une phrase, corrige mot à mot, et explique la règle exacte derrière chaque erreur.
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