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Je me suis permis ou permise : l'accord de « se permettre »

Une seule question décide : qu'est-ce que représente le « me » ?

« Je me suis permise de vous écrire » : la phrase semble logique quand c'est une femme qui écrit, et pourtant elle contient une faute. Avec « se permettre de », le participe passé reste invariable : je me suis permis, elle s'est permis, nous nous sommes permis. La raison tient en une question sur le pronom « me ».

Voici comment le vérifier en dix secondes, le seul cas où « permise » est juste, et les autres verbes qui fonctionnent pareil.

1. Je me suis permis ou permise : la règle

Avec « se permettre de » suivi d'un infinitif, ou suivi d'un complément, écris toujours permis, sans e ni s, quel que soit le sujet.

2. Pourquoi « permis » reste invariable : le test du « à »

Avec un verbe pronominal, tout dépend de ce que représente le pronom « me », « te » ou « se ». Remets la phrase avec « avoir » et pose la question : on permet quelque chose à quelqu'un.

« Je me suis permis de répondre » revient à « j'ai permis à moi de répondre ». Le pronom vaut « à moi » : c'est un complément indirect, et le participe passé ne s'accorde jamais avec un complément indirect. La règle générale est sur la page du participe passé des verbes pronominaux.

VerbeLe pronom vautAccordExemple
se permettre deà soinonElle s'est permis de répondre.
se parlerà l'autrenonElles se sont parlé.
se rendre compteà soi, « compte » est le CODnonElle s'est rendu compte de son erreur.
se leversoi-même, c'est un CODouiElle s'est levée.
se laversoi-même, c'est un CODouiElle s'est lavée.

3. Le seul cas où l'on écrit « permise »

Le participe s'accorde quand un complément d'objet direct est placé avant le verbe. C'est le cas avec « que » :

Le mécanisme est celui de l'accord avec avoir : on cherche le COD, puis sa place.

4. Je me suis permis de vous écrire : les formules de mail

La tournure sert surtout dans les mails, pour s'excuser d'une démarche. Toutes ces phrases s'écrivent avec « permis », qu'elles soient signées par un homme ou par une femme :

Si la tournure te gêne, « je me permets de vous écrire », au présent, évite la question.

5. Les verbes qui marchent comme se permettre

D'autres verbes pronominaux ont un pronom qui vaut « à soi » ou « à l'autre ». Leur participe reste invariable, au féminin comme au pluriel :

6. Elle s'est rendu compte ou rendue compte ?

Même raisonnement : dans « se rendre compte », le COD est « compte », placé après le verbe. Le participe reste donc invariable : elle s'est rendu compte de son erreur, elles se sont rendu compte du problème. Et avec « faire » suivi d'un infinitif, le participe ne s'accorde jamais : elle s'est fait couper les cheveux.

Avec la fauteCorrectPourquoi
Je me suis permise de vous écrire.Je me suis permis de vous écrire.« me » vaut « à moi »
Elle s'est rendue compte.Elle s'est rendu compte.le COD « compte » est après
Elles se sont parlées.Elles se sont parlé.on parle à quelqu'un
Elle s'est faite avoir.Elle s'est fait avoir.fait suivi d'un infinitif ne s'accorde pas
Les jours se sont succédés.Les jours se sont succédé.on succède à quelque chose

Le réflexe à garder

Devant un verbe pronominal, remplace le pronom par « à moi » ou « à soi ». Si la phrase tient, le participe ne bouge pas, sauf si un « que » placé avant reprend un COD. La page sur les participes passés rassemble les autres cas, et Apostrophe· te fait écrire ces phrases en dictée, avec la règle expliquée à chaque faute.

Questions fréquentes

Elle s'est permis ou permise ?

Elle s'est permis, quand un infinitif ou un complément suit : elle s'est permis de partir, elle s'est permis une remarque. « Permise » ne s'écrit que si un COD est placé avant : la remarque qu'elle s'est permise.

Faut-il écrire je me suis permis de vous contacter, même pour une femme ?

Oui. Le pronom « me » vaut « à moi », un complément indirect : le participe ne s'accorde pas, que la phrase soit écrite par une femme ou par un homme.

Faut-il écrire ils se sont parlé ou parlés ?

Ils se sont parlé. On parle à quelqu'un : le pronom « se » est un complément indirect, et le participe reste invariable.

Pourquoi écrit-on elle s'est levée mais elle s'est permis ?

Dans « se lever », on lève soi-même : le pronom est un COD placé avant, et le participe s'accorde. Dans « se permettre », on permet à soi : le pronom est indirect, et rien ne s'accorde.

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