Une seule question décide : qu'est-ce que représente le « me » ?
« Je me suis permise de vous écrire » : la phrase semble logique quand c'est une femme qui écrit, et pourtant elle contient une faute. Avec « se permettre de », le participe passé reste invariable : je me suis permis, elle s'est permis, nous nous sommes permis. La raison tient en une question sur le pronom « me ».
Voici comment le vérifier en dix secondes, le seul cas où « permise » est juste, et les autres verbes qui fonctionnent pareil.
Avec « se permettre de » suivi d'un infinitif, ou suivi d'un complément, écris toujours permis, sans e ni s, quel que soit le sujet.
Avec un verbe pronominal, tout dépend de ce que représente le pronom « me », « te » ou « se ». Remets la phrase avec « avoir » et pose la question : on permet quelque chose à quelqu'un.
« Je me suis permis de répondre » revient à « j'ai permis à moi de répondre ». Le pronom vaut « à moi » : c'est un complément indirect, et le participe passé ne s'accorde jamais avec un complément indirect. La règle générale est sur la page du participe passé des verbes pronominaux.
| Verbe | Le pronom vaut | Accord | Exemple |
|---|---|---|---|
| se permettre de | à soi | non | Elle s'est permis de répondre. |
| se parler | à l'autre | non | Elles se sont parlé. |
| se rendre compte | à soi, « compte » est le COD | non | Elle s'est rendu compte de son erreur. |
| se lever | soi-même, c'est un COD | oui | Elle s'est levée. |
| se laver | soi-même, c'est un COD | oui | Elle s'est lavée. |
Le participe s'accorde quand un complément d'objet direct est placé avant le verbe. C'est le cas avec « que » :
Le mécanisme est celui de l'accord avec avoir : on cherche le COD, puis sa place.
La tournure sert surtout dans les mails, pour s'excuser d'une démarche. Toutes ces phrases s'écrivent avec « permis », qu'elles soient signées par un homme ou par une femme :
Si la tournure te gêne, « je me permets de vous écrire », au présent, évite la question.
D'autres verbes pronominaux ont un pronom qui vaut « à soi » ou « à l'autre ». Leur participe reste invariable, au féminin comme au pluriel :
Même raisonnement : dans « se rendre compte », le COD est « compte », placé après le verbe. Le participe reste donc invariable : elle s'est rendu compte de son erreur, elles se sont rendu compte du problème. Et avec « faire » suivi d'un infinitif, le participe ne s'accorde jamais : elle s'est fait couper les cheveux.
| Avec la faute | Correct | Pourquoi |
|---|---|---|
| Je me suis permise de vous écrire. | Je me suis permis de vous écrire. | « me » vaut « à moi » |
| Elle s'est rendue compte. | Elle s'est rendu compte. | le COD « compte » est après |
| Elles se sont parlées. | Elles se sont parlé. | on parle à quelqu'un |
| Elle s'est faite avoir. | Elle s'est fait avoir. | fait suivi d'un infinitif ne s'accorde pas |
| Les jours se sont succédés. | Les jours se sont succédé. | on succède à quelque chose |
Devant un verbe pronominal, remplace le pronom par « à moi » ou « à soi ». Si la phrase tient, le participe ne bouge pas, sauf si un « que » placé avant reprend un COD. La page sur les participes passés rassemble les autres cas, et Apostrophe· te fait écrire ces phrases en dictée, avec la règle expliquée à chaque faute.
Elle s'est permis ou permise ?
Elle s'est permis, quand un infinitif ou un complément suit : elle s'est permis de partir, elle s'est permis une remarque. « Permise » ne s'écrit que si un COD est placé avant : la remarque qu'elle s'est permise.
Faut-il écrire je me suis permis de vous contacter, même pour une femme ?
Oui. Le pronom « me » vaut « à moi », un complément indirect : le participe ne s'accorde pas, que la phrase soit écrite par une femme ou par un homme.
Faut-il écrire ils se sont parlé ou parlés ?
Ils se sont parlé. On parle à quelqu'un : le pronom « se » est un complément indirect, et le participe reste invariable.
Pourquoi écrit-on elle s'est levée mais elle s'est permis ?
Dans « se lever », on lève soi-même : le pronom est un COD placé avant, et le participe s'accorde. Dans « se permettre », on permet à soi : le pronom est indirect, et rien ne s'accorde.
Apostrophe· dicte une phrase, corrige mot à mot, et explique la règle exacte derrière chaque erreur.
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